Site officiel de la commune d'Eybouleuf, département de la Haute-Vienne (87), région Limousin

Histoire

Origines

L’origine du nom d’Eybouleuf est incertaine et peut-être de formation gauloise. On le trouve sous la forme Harboleum en 1191 et, plus tard, écrit Esboulou, Esbouleu, Des Bouloux et même Eybouleou en 1507.

 

La traduction des ces termes pourrait être : « endroit planté d’arbres ou de bouleaux » ou « endroit planté d’herbe »ou encore « endroit planté de sureau ».

Cette dernière hypothèse attribuerait l’origine du nom d’Eybouleuf à la présence d’une plante, le sureau hièble (ou yèble), dont le nom latin est « Sambuscus Ebulus ». Bien que cette plante soit réputée invasive notamment dans les endroits marécageux, on n’en observe plus guère sur le territoire si ce n’est vers le Verdurier, la Breuille ou encore le Masbaret et de manière plus clairsemée dans les fonds humides.

 

La Préhistoire

Nos ancêtres occupaient déjà le territoire il y a 5000 ans comme en témoignent le dolmen du Pouyol et un abondant matériel lithique découvert en de multiples endroits.

Près de 200 outils en pierre taillée ou polie, de nombreux éclats ou fragments, la  présence de meules dormantes avec leurs broyons, d’un tronc évidé en aqueduc peuvent constituer des indices de sédentarisation.

 

      De très nombreux spécimens en roches d’importation peuvent également suggérer une zone d’échanges avec d’autres régions (25 haches polies en dolérite, une hache polie en fibrolite et de nombreux silex dont une lame en silex poli mais également une perle en obsidienne vert-jade retrouvée lors de la fouille du dolmen en 1978).

 

Plusieurs pierres de grande taille, apparemment taillées par l’homme pourraient constituer des indices de sites : Menhirs à cupules de la Basse Garde (pierre du pas de l’âne de St Léonard) ainsi que dans les prés de Las Graulas (les pierres du diable) et des Barres.

 

 

La quasi-totalité des pièces trouvées dans le sol, la plupart du temps par les agriculteurs, a été inventoriée par Florence Pfeifer dans un rapport remis en décembre 1998 au Service Régional de l’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Limousin. Après inventaire elles ont été restituées à leur propriétaire.

 

 

 

Même si la commune est entourée de nombreux sites gallo-romains (La Besse, St Léonard, oppidum de Villejoubert, St Denis des Murs, Puyjoubert, La Geneytouse), les recherches n’ont, pour l’instant, rien livré sur cette période.

On peut toutefois signaler la présence de deux gués sur la Vienne, l’un en aval de l’ancien moulin des Vergnes, l’autre à Sempinet, signes d’anciens itinéraires.

 

 

 

Le moyen âge

Ce sont justement les carrefours des anciens itinéraires et les limites territoriales qui marquent les sites fortifiés présumés du moyen âge. L’éperon barré de Roche Servière (en vieux français roche d’où l’on surveille) et le village de La Garde, avec sa source cachée, où l’on peut observer trois belles pierres tombales en granit sculpté de bas reliefs.

Avec sa belle petite église dédiée à St Pierre es Liens dont on retrouve la trace dans des écrits de 1199, Eybouleuf semble avoir été, au moins au bas moyen âge, un lieu de passage obligé pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle qui, venant de St Léonard, avaient décidé de rejoindre directement Uzerche et Rocamadour sans passer par Limoges.

 

 

Les archives du XIVème siècle nous apprennent qu’Eybouleuf était incluse dans la châtellenie de Noblat possession de l’évêque de Limoges. Plusieurs de ses vassaux comme les Marchès puis les Royère y étaient dotés de manses et de rentes foncières, notamment au titre de leur seigneurie de Beaudéduit (signifie beau plaisir en vieux français et devenu le Bois déduit aujourd’hui).

La plupart des villages (c’est ainsi que sont désignés les hameaux en langue limousine) qui existent aujourd’hui sont déjà cités dans les archives du XIVème siècle (Le Pouyol, Veyvialle, La Garde, Le Masbaret, La Roche, La Breuille).

Aux XVème et XVIème siècle les seigneurs d’ancienne noblesse disparaissent au profit de nouveaux seigneurs fonciers issus de la bourgeoisie de St Léonard (Massiot, Chenaud, Chaussade, Nicard) mais aussi d’établissements religieux comme l’abbaye de Notre Dame de la Règle ou le collège des jésuites de Limoges.

 

L’histoire récente

Bien que placées sur des sites plus anciens, les demeures du XVIIème siècle comme le château de Veyvialle, la maison du Haut Bourg, la Basse Garde témoignent de cette expansion de  la bourgeoisie sur la banlieue rurale de St Léonard.

Jusqu’au XIXème siècle plusieurs étangs(Le Bourg, Le Pouyol, La Roche, Les Monteix…) ont fourni du poisson et, pour certains, permis d’actionner les moulins à grain.

Sur la Vienne, les moulins des Vergnes et de Sempinet s’étaient spécialisés, dès le XVIIème siècle, dans la fabrication du papier.

Deux tuileries complétaient cette industrie locale (Le Masbaret et Le Verdurier)

En 1836, la population active d’Eybouleuf comptait 11 artisans (Charpentier, cloutier, maçon, scieur de long, tailleur d’habits, tisserand), 62 cultivateurs et leurs 22 domestiques, 12 saisonniers employés dans les tuileries environnantes ainsi que les ouvriers des deux papeteries.

 

Les hameaux

 

Veyvialle

 

Au XIVème siècle le domaine de Veyvialle est inclus dans la châtellenie de Noblat, possession épiscopale et notamment dans la seigneurie de Beaudéduit dépendant des Marchès, coseigneurs de Noblat.

Vers le milieu du XVème siècle il semble que l’on puisse distinguer 3 domaines ou fiefs distincts

Le lieu-dit « De Tanty »  dépendant des Royères, seigneurs de Brignac et de Beaudéduit et héritiers des Marchès. En 1482 les rentes passent aux Massiot, riches bourgeois marchands de St Léonard ; puis en 1650 aux Lamy.

Le lieu-dit «  le mas Gentau »sous la « directe » de l’abesse de Notre Dame de la Règle à Limoges jusqu’à la révolution.

Le lieu-dit de « Bassoleys »ou «  Bassouleys »dont les rentes passent à la fin du XVI ème siècle aux Nicard puis aux Lamy.

Si la rente due à l’abbesse ne souffre d’aucune contestation, il n’en est pas de même pour les autres domaines, objets de nombreux litiges.

Au XVII ème siècle, les Lamy, successeurs des Nicard sont tenanciers et seigneurs fonciers majoritaires des lieux. En 1613, Etienne Lamy, « lieutenant criminel » en l’élection de Limoges est qualifié de Seigneur de Veyvialle. C’est sans doute lui qui a construit ou remanié le château pour lui donner son aspect actuel. En 1635 il obtient de l’évêque de Limoges le droit de faire dire la messe dans la chapelle qu’il a fait édifier en l’honneur de la vierge.

Vers la fin du siècle, Jean Lamy connait de graves difficultés financières et Veyvialle est mis aux enchères. Après plusieurs rebondissements l’adjudication ne semble pas se résoudre et oppose pendant plus de quinze ans la famille de Jean Lamy.

Une issue semble trouvée vers 1709 quand sa fille, Quitterie, entre en possession de Veyvialle. Mais elle fait assassiner son mari, Antoine Cyalis, une nuit de 1711 à Veyvialle.

Les héritiers présumés de Quitterie, les Vidaud, sont ensuite poursuivis en réparation par la famille Cyalis qui obtient en 1728 un des trois domaines de Veyvialle ainsi que la moitié du château.

La copropriété durera 40 ans. Les Vidaud vendent les terres situées à la périphérie alors que les Cyalis se querellent, contestant le montant de leurs parts respectives.

La succession de difficultés financières puis juridiques depuis 1670 justifient qu’aucuns travaux d’entretien n’ont été réalisés. En 1763  le château et les terres sont dans un état déplorable.

François Fraisseix de Villeneuve, bourgeois issu d’une famille d’artisans à St Léonard, achète le  château et les 3 domaines en 1763 et 1766. Ses successeurs prendront le nom de Fraisseix de Veyvialle. Aujourd’hui le château appartient toujours aux descendants des Fraisseix.

Le château

Logis et dépendances forment un quadrilatère autour d’une cour fermée. Plusieurs éléments de défense (cour fermée, archères, fossé rempli d’eau, pavillons de gué…) ont fait qualifier Veyvialle de « maison forte ». Ces éléments défensifs peuvent constituer l’indice d’un ensemble préexistant.

Le souci de sécurité dont ils témoignent peut avoir motivé leur aménagement bien antérieurement en raison de la proximité d’itinéraires et des troubles qui ont longtemps affecté la région (guerre de 100 ans, guerres de religion et de la Ligue, épidémies de peste, disettes…).

Le logis à un corps est flanqué de 4 échauguettes. Deux ailes non symétriques se répartissent de part et d’autre d’un pavillon central. Ce dernier abrite un escalier en pierre qui mène au 3ème étage dans une pièce unique d’où l’on peut observer les 4 points de l’horizon grâce à une fenêtre sur chacun de ses côtés.

L’encadrement de la porte d’entrée principale, en pointes de diamant, constitue l’unique élément de décoration de la façade intérieure.

La chapelle dont le sol est pavé de petits galets permet de découvrir des traces d’anciennes peintures murales.

 

La Garde

 

Le village occupe une situation en hauteur à l’extrémité nord du plateau. Il se compose de 2 parties : La Haute Garde (408m) et la Basse Garde (400m).

Jusqu’en 1951 tous les chemins et jardins du village étaient bordés de murs en pierres sèches.

 

Le site domine la ville de St Léonard et un ancien carrefour d’itinéraires :

-Sur un axe Nord-Sud ; l’actuelle D7bis était au XVIème siècle« l’une des routes les plus importantes du pays…Tout le trafic existant entre le Bourbonnais, le Lyonnais avec le Midi ou le Périgord empruntait cette route….cf A. Betge «  Le château de Veyvialle »1949 pages 30 et 31.

-Sur un axe Nord-ouest / Sud-est, La Garde est traversée par un ancien chemin qui mène de St Denis au Pont de Noblat. Ce chemin permet de rejoindre l’axe Nord-sud au Bois déduit ainsi qu’un ancien itinéraire qui montait du gué de Champa, attesté en 1293, et qui permettait de relier les 2 rives de la Vienne.

En 1339, le mas de La Garde est cité comme possession d’Aymeric Marchès, vassal de l’évêque de Limoges et coseigneur de St Léonard. Il est également le père du routier Aymerigot Marchès connu pour ses exactions.

Ultérieurement, plusieurs seigneurs ont possédé des rentes sur les dépendances de La Garde : Guillaume de Monceu, damoiseau (1427), Pierre de Royère, damoiseau de la ville de St Léonard de Noblat, seigneur de Beaudéduit(1446), Léonard et Joseph Chenault, sieurs du fief noble de Beaufort(1562) ;François de Royère(1616).

Les Chenaud de Beaufort, propriétaires jusque vers 1850 passeront les domaines de La Garde à des neveux, les Lamy de la Chapelle qui les vendront en 1897.

La situation du village, en hauteur et près d’un carrefour d’itinéraires, en fait probablement un ancien site de surveillance. (En vieil occitan « guarda » signifie tour de guet).

 

La maison de maître de la Basse Garde

 

Probablement d’origine du XVIIème siècle, elle présente un unique corps de logis dont la partie Est semble moins ancienne (XIXème siècle).

Un pavillon sur porche pourrait avoir joué le rôle de tour de guet. Un ancien chemin encore appelé le pavé permettait de descendre à la fontaine située en contrebas à la Borderie.

 

Sur le mur entourant le jardin de la maison de maître, on peut voir des pierres sculptées qui sont probablement des pierres tombales.

Au centre de la cour, au pied de la fontaine, un bac monolithique en granite clair peut faire penser à un petit sarcophage.

Au carrefour du chemin du pavé et du chemin de La Borderie, la pierre dite de l’âne de St Léonard ou de Clovis. Ce menhir à cupules semble constituer la limite entre la commune de St Léonard et celle d’Eybouleuf. Il est attaché à une légende selon laquelle les cupules seraient les empreintes des sabots de l’âne qui, à cet endroit, aurait refusé d’aller plus loin (voir légendes).

 

 

L’éperon barré de Roche Servière

 

A 4 km en amont du pont de Noblat, l’éperon barré de Roche Servière (ou Roche sur Vienne) culmine à 325 m d’altitude au-dessus de la Vienne et il est entouré de part et d’autre par les ruisseaux de Veyvialle et de Las Mollas. Avec, sur la rive opposée, à moins d’un kilomètre, le château fortifié du Muraud, attesté au XIIème siècle et le prieuré de l’Artige, l’ensemble constitue un dispositif particulièrement efficace pour surveiller les vallées de la Vienne et de la Maulde, et notamment sur le gué de Sampinet probablement dès le XIII ème siècle.

 

Autour de cet éperon, plusieurs sites néolithiques, de l’âge du fer ont été identifiés.

Le flanc Est, dominant la Vienne est très escarpé et quasiment en à pic.

A l’ouest le vallon très encaissé du ruisseau de Veyvialle constitue une solide défense naturelle.

Au sud, une levée de terre, haute d’environ 1mètre 50, barre toute tentative d’accès par ce versant. En avant de ce talus se trouve les vestiges d’un ancien fossé. En contrebas un chemin aboutit à un promontoire rocheux qui offre une vue magnifique sur le moulin de Sampinet.

 

 

 

L’église St Pierre es Liens

 

On trouve trace de cet édifice dans d’anciens écrits du prieuré-cure, puis de la paroisse d’Harboleum dévolue au chapitre de St Léonard en 1191.

De l’église d’origine il ne reste plus rien, la construction de l’église actuelle date du XIIIème siècle.

 

De petite dimension, elle se compose d’une nef unique et d’un chevet plat.

A l’ouest une travée qui semble avoir été rajoutée porte un clocher recouvert en bardeaux de châtaignier qui a été restauré en 1986.

Un doubleau sur piliers massifs sépare la nef du sanctuaire.

Trois fenêtres du XIIIème siècle donnent de la lumière.

 

Le portail en léger recul est très gracieux. Il est gothique du XIIIème ou du XIVème siècle, surmonté de trois corbeaux sculptés de masques et encadré par une archivolte moulurée d’un listel et de deux cavets. Les arêtes sont allégées de gorges et garnies alternativement de pointe de diamant et de perles ellipsoïdales.

On voit que la nef a été réparée. Il reste sur les murs des vestiges de corniche à tablette plate.

Le chevet présente de grossiers contreforts.

Le mobilier est assez intéressant. Une statue de XVIIème siècle en bois polychrome d’un pape à barbe noire représente St Pierre es liens à qui l’église est dédiée. (Inscrite à l’inventaire supplémentaire). A noter que les clés, attribut du 1er pape, que le saint tenait dans sa main gauche ont disparu.

Au fond de l’église, une statue représente St Léonard en habit de diacre avec une dalmatique fleurdelisée. (Classée monument historique).

La pièce la plus intéressante est une jolie statue en bois doré de la vierge portant l’enfant Jésus datant de la fin du XVème siècle. Elle portait un diadème de métal incrusté de pierres précieuses qui a malheureusement disparu.

On remarque sur le piédestal un ange couché auquel le donateur aurait peut-être donné ses traits.

Cette statue est classée monument historique.

L’autel retable en bois du XVIIIème et XIXème siècle est orné d’une toile peinte à l’huile

Les 14 toiles formant le chemin de croix ont été exécutées par un prisonnier allemand, Willy, ayant été au service de l’abbé Bayle (paroisse de St Léonard) après la seconde guerre mondiale.

Treize dalles funéraires en granit décorées de croix simples ou nimbées composent le pavement de la nef. Elles pourraient dater du XVIIème siècle.

 

A noter aussi le beau baptistère en granit, le bénitier de pierre marqué 1844.

St Pierre es liens, le saint patron de cette paroisse est également celui des serruriers, des savetiers et des moissonneurs. Le St Pierre ès liens auquel est vouée particulièrement cette église (assez rare), fait référence à une certaine période de sa vie. Une petite chronique explique :

St Pierre vécu au 1er siècle. Pêcheur en Galilée, appelé par Jésus, il quitta tout pour le suivre.

Pendant 3 ans, il fit partie de la communauté des apôtres et Jésus fit de lui le fondateur de son église.

« Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église »

Après la mort de Jésus, il annonça avec assurance la résurrection du Christ, ce qui provoqua son emprisonnement, risquant d’être suivi d’exécution.

[Acte des Apôtres 12 (5à7)]

Pierre était donc gardé dans la prison ; et l’église ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu.

La nuit qui précédant le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, lié de deux chaînes (d’où « ès liens »), dormait entre deux soldats ; et des sentinelles devant la porte gardaient la prison.

Et voici qu’un ange du seigneur survint et une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre en le frappant au côté et en disant : Lève-toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains.

Il continua à porter l’évangile jusqu’à Rome, où il subit le martyr sous l’empereur Néron.

 

Le dolmen du Pouyol

 

 

Classé au titre des monuments historiques par arrêté du 20 mars 1978 Le dolmen du Pouyol est le véritable symbole de la commune.

Situé en bordure de la ligne de crête dominant les vallées de la Maulde et de la Vienne, et à quelques mètres de la départementale 7bis, à la sortie du village en direction de St Léonard, il est érigé dans un champ à 404 m d’altitude.

La découverte de mobilier archéologique (un poignard en silex et une hache en roche tenace), autour du monument, ont conduit la Direction des Antiquités Préhistoriques à procéder à une fouille de sauvetage avant restauration en 1983.

 

Un des piliers avait disparu et il fut nécessaire d’en importer un de substitution.

La fouille de la chambre a permis de dégager un important mobilier lithique, outils, armes diverses dont deux poignards en silex du Grand Pressigny, 67 fragments de poterie en céramique et un bijou pendentif perforé de couleur vert-jade.

 

Le dolmen a été érigé il y a environ 6500 ans au néolithique moyen, période précédant l’âge des métaux, caractérisée par la sédentarisation de l’homme, la naissance de l’agriculture et de l’élevage.

Il a probablement servi de sépulture pendant une période pouvant aller de 4500 avant JC et 2500 ans avant JC comme en témoignent l’âge des objets trouvés lors de la fouille, appartenant au néolithique moyen et final.

La structure résiduelle constitue le squelette du tombeau qui, à l’époque était couvert de terre.

Ce monument pourrait appartenir au groupe des dolmens à couloir, sans doute de type angoumoisin mais sans certitude.

Comme dans beaucoup de dolmens limousins une réutilisation est à envisager

 

Les légendes autour des vieilles pierres

 

Le dolmen

La croyance populaire racontait qu’un trésor était caché sous le dolmen. A la fin du XIXème siècle, afin de s’emparer de ce trésor, un habitant commença des fouilles sous le monument.

Mal lui en prit car un des piliers fut déstabilisé et la table s’effondra. L’homme s’en tira avec une belle frayeur mais désormais il n’y avait plus qu’un gros tas de pierres.

Quelques années plus tard (1911), il fallait donner une explication « logique » à la présence de cet amas informe. Ainsi est née la légende du dolmen.

La vierge Marie souhaitait participer activement à la construction de la collégiale de St Léonard.

Vêtue d’un grand tablier dans lequel elle transportait d’énormes pierres nécessaires à la construction, elle passa au-dessus du village d’Eybouleuf. C’est alors qu’elle constata que la collégiale était terminée.

Son chargement devenu inutile, elle laissa choir le contenu de son tablier dans un champ du Pouyol.

 

La légende du pas de l’âne de St Léonard( ou de Clovis)

 

La mémoire populaire véhicule plusieurs versions de cette légende mais toutes se rejoignent pour aboutir à la même conclusion.

St Léonard, St patron des prisonniers est également le St patron des parturientes.

Au VIème siècle, St Léonard ayant sauvé une reine franque des douleurs de l’enfantement, Clovis, en récompense, lui proposa de lui faire don de tout le territoire que son âne pourrait parcourir en une journée.

De bon matin, le saint ermite passa le licol à son âne et partit de Noblat vers Eybouleuf.

La pente était rude mais l’âne courageux, Romefort, Le Mas Revery, les Queues neuves, La Borderie furent bientôt conquises. Mais, arrivé au village de La Garde, l’âne fourbu refusa d’aller plus avant.

 

Plus le Saint tirait sur la corde, plus le têtu refusait d’avancer. L’âne planta son pied sur une énorme pierre et plus Léonard tirait plus le pied de l’âne s’enfonçait.

A bout de force, les deux protagonistes abandonnèrent ici leur conquête mais le pas de l’âne fut  gravé dans la pierre et La Garde resta d’Eybouleuf.

 

 

 

La légende des pierres du diable

 

 

Au lieu-dit Las Graulas au milieu des prés s’étalent plusieurs énormes pierres rondes et cylindriques, marquées d’un grand nombre de marques ou cupules dont la présence a bien entendu était expliquée par le surnaturel : il s’agit des pierres du diable.

Autrefois, le chemin qui menait de Veyvialle à Eybouleuf passait au lieu-dit Las Graulas. Chaque nuit, le diable et ses compagnons venaient jouer aux osselets sur les grosses pierres plates qui, en fait, étaient les portes secrètes de l’enfer.

Dès lors qu’un passant se hasardait trop près du terrain de jeu, les malfaisants qui apparaissaient sous les traits d’individus normaux, invitaient le passant à jouer avec eux. Discrètement le malin poussait la pierre qui masquait l’entrée de l’enfer et le malheureux disparaissait dans les flammes.

Le diable faisait alors une marque sur la pierre pour compter ses victimes.

 

La légende de la Jeanne Rateau

 

 

Autrefois les fermes étaient alimentées en eau par des puits individuels ou partagés par plusieurs familles. Ces droits d’eau, essentiels à la survie, étaient consignés dans tous les actes ou titres de propriété devant notaire.

Dans la mesure où il fallait aller puiser fréquemment pour alimenter hommes et animaux, aucune entrave ne s’opposait à l’approche de la margelle, ce qui constituait un danger pour les enfants souvent nombreux dans chaque famille.

Afin de dissuader leurs rejetons de s’approcher des puits, les paysans avaient inventé la « Jeanne Rateau. »

La Jeanne Rateau était une sorte de sorcière, très laide, et elle était supposée attirer les enfants près des points d’eau pour les noyer puis les dévorer.

La description effroyable que l’on faisait de cette femme suffisait à elle seule pour éloigner les enfants des puits et ruisseaux jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour ne plus y croire.

 

 

 
 
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